Assis au fond de la classe, près du radiateur, Hervé dit non avec la tête. Dans sa famille, c’est une fatalité : on est cancre de père en fils. Pourtant, chaque soir, lorsqu’il quitte le collège, il dit oui avec le cœur. Oui aux oiseaux, aux tortues, aux écrevisses qu’il dérobe dans une animalerie pour les libérer ou les recueillir dans sa chambre, son refuge, sa jungle intérieure.
Installé au cœur du public, dans un dispositif en quadri-frontal, Hervé Walbecq, comédien et auteur, livre un récit autobiographique d’une grande finesse. Sous ses pieds, s’étend un vaste tapis blanc sur lequel il va peu à peu, avec de la terre, dessiner les motifs de sa vie, au rythme de ses mots. Comment échapper à sa destinée de cancre ? Comment fuir l’exclusion ? Comment survivre aux remarques acerbes de certains professeurs et aux moqueries de ses camarades ?
La réponse d’Hervé se situe à l’endroit de la poésie, du théâtre et de la proximité au vivant, en laissant danser les oiseaux sous le plafond de ses rêves. Le Voleur d’animaux est sans nul doute une ode à la sensibilité, à la créativité et à la force libératrice du théâtre.